Plaque dentaire

Définition

La plaque dentaire correspond à un biofilm, se formant à la surface des dents, composé principalement de bactéries et de molécules sécrétées par le corps humain. Ce biofilm est un écosystème complexe pouvant comprendre d’autres micro-organismes comme des archées ou des mycètes [1-3].

Schéma d'une dent avec une plaque dentaire. Un zoom met en avant le biofilm composé de bactéries et de débris alimentaires.

Pellicule dentaire

Après nettoyage des dents, une pellicule dentaire se forme à leur surface composée principalement de protéines provenant de la salive (telles que du lysozyme, des anticorps, du fibrinogène ou des mucines) [4-5]. Cette pellicule forme un film protecteur autour de la dent et aide à la lubrification. Elle influence aussi la colonisation des dents par des micro-organismes. Elle peut favoriser l’attachement de certaines bactéries.

Formation de la plaque dentaire

En l’absence de brossage des dents, une pellicule dentaire se forme ce qui offre un point d’ancrage à des micro-organismes. Ceux-ci vont pouvoir se développer et conduire à l’apparition d’un biofilm autour des dents. À l’intérieur de cette structure, des « micro-environnements » vont se former, c’est-à-dire des zones avec des propriétés physico-chimiques différentes, par exemple un pH plus acide [6]. La présence du biofilm empêche la salive d’accéder à ces zones et de neutraliser le pH. Une accumulation d’acides est donc possible au niveau de la plaque dentaire ce qui conduit à la déminéralisation des dents (apparition de caries).

Plaque dentaire et immunologie

La salive contient des molécules du système immunitaire qui vont impacter la croissance des micro-organismes dans la bouche. Des anticorps (IgA et IgG) sont sécrétés dans la salive et peuvent reconnaître des micro-organismes présents dans la cavité buccale. Des protéines du système immunitaire comme le lysozyme ou la lactoferrine sont aussi sécrétées dans la salive.

Bibliographie

[1] Baker, J. L., Mark Welch, J. L., Kauffman, K. M., McLean, J. S., & He, X. (2024). The oral microbiome: Diversity, biogeography and human health. Nature reviews. Microbiology22(2), 89–104. doi.org/10.1038/s41579-023-00963-6 (lien)

[2] Huynh, H. T., Pignoly, M., Nkamga, V. D., Drancourt, M., & Aboudharam, G. (2015). The repertoire of archaea cultivated from severe periodontitis. PloS one10(4), e0121565. doi.org/10.1371/journal.pone.0121565 (lien)

[3] Diaz, P. I., & Dongari-Bagtzoglou, A. (2021). Critically appraising the significance of the oral mycobiome. Journal of dental research100(2), 133–140. doi.org/10.1177/0022034520956975 (lien)

[4] Chawhuaveang, D. D., Yu, O. Y., Yin, I. X., Lam, W. Y., Mei, M. L., & Chu, C. H. (2021). Acquired salivary pellicle and oral diseases: A literature review. Journal of dental sciences, 16(1), 523–529. doi.org/10.1016/j.jds.2020.10.007 (lien)

[5] Jakubovics N. S. (2015). Saliva as the sole nutritional source in the development of multispecies communities in dental plaque. Microbiology spectrum3(3), 10.1128/microbiolspec.MBP-0013-2014. 10.1128/microbiolspec.MBP-0013-2014 (lien)

[6] Bowen, W. H., Burne, R. A., Wu, H., & Koo, H. (2018). Oral biofilms: Pathogens, matrix, and polymicrobial interactions in microenvironments. Trends in Microbiology, 26(3), 229–242. doi:10.1016/j.tim.2017.09.008 (lien)